Foire aux questions
Les modèles CMMI et SW-CMMI
Quelles sont les principales différences entre la version 1.1 et 1.2 du modèle CMMI ?
Tout d’abord, précisons que le principal objectif du SEI pour cette nouvelle version 1.2 a été de simplifier
l’architecture du modèle CMMI. En effet, la modification majeure est la suppression des 3 processus dédiés à IPPD (Integrated
Product & Process Development) et SS (Supplier Sourcing) :
- OEI (Organizational Environment for Integration)
- IT (Integrated Teaming)
- ISM (Integrated Supplier Management)
Bien entendu, les pratiques de ces anciens PA n’ont pas toutes disparues, et l’on trouve :
- 2 pratiques supplémentaires dans l’objectif SG2 de SAM qui sont issues d’ISM,
- un nouvel objectif dans OPD-IPPD basé sur des pratiques d’OEI,
- un nouvel objectif dans IPM-IPPD basé sur des pratiques des objectifs SG3 et SG4 de IPM (v1.1)
L’option IPPD ne s’appuie donc plus sur des PA dédiés mais sur des objectifs optionnels dans OPD & IPM. Il existe donc
2 modèles, CMMI-DEV et CMMI-DEV+IPPD qui font partie de la première constellation de la planète CMMI. Cette première constellation,
appelée « DEV », est dédiée au développement et à la maintenance de produits. Elle sera suivie ensuite de 2 autres constellations « ACQ »
et « SVC » dédiées respectivement à l’acquisition de produits / services et à la fourniture de service. L’option SS, quant à elle, est
supprimée, et les pratiques d’ISM qui ont migrées dans SAM sont à coup sûr la modification la plus impactante pour les organisations qui
n’avait pas implémenté ISM avec la version 1.1.
Enfin, pour terminer, voici une liste des autres modifications significatives apportées au modèle dans sa version 1.2 :
- la notion de pratique « de base » et de pratique « avancée » a été supprimée afin de faciliter l’implémentation de la vue
continue du modèle,
- on trouve dorénavant dans certains PA des informations spécifiques à l'ingénierie "hardware" afin de faciliter la
compréhension du modèle pour cette discipline,
- deux pratiques ont été ajoutées dans OPD et IPM sur l'environnement de travail des projets,
- un découpage plus explicite dans OPF (2 objectifs distincts) entre la mise en œuvre d'une action d'amélioration et le
déploiement des résultats de cette action dans les projets en cours,
- seul le PA SAM est désormais explicitement identifié comme pouvant être Non Applicable.
Quelle différence y a-t-il entre le CMMI et le SW-CMM?
Le modèle d'évolution des capacités ("Capability Maturity
Model" ou CMM en anglais) existe depuis 1990. Comme plusieurs autres
modèles, portant sur des domaines autres que le développement de logiciel,
ont repris les lettres "CMM", on a rebaptisé le CMM d'origine en SW-CMM
(les lettres "SW" référant au mot "software"). La version courante
(version 1.1) publiée en 1993 devait être remplacée par la version 2.0
vers 1998. Juste avant sa publication, le SEI a redirigé ses efforts vers
une intégration des pratiques de systèmes et de logiciel, puisqu'elles
sont souvent liées dans les projets industriels. Le SEI désirait ainsi
remettre de l’ordre dans la foison des modèles qui avaient entre temps été
développés. Ceci a mené vers un modèle combiné et intégré nommé CMMI ("I"
pour intégration). Heureusement, le CMMI reprend entièrement la version
de travail 2.0 du SW-CMM; cette version en devenir fut traitée comme une
des entrées importantes pour le modèle CMMI. Progressivement, le SEI va
encourager l'utilisation du modèle CMMI plutôt que du SW-CMM tout en
continuant à soutenir pleinement le SW-CMM durant la phase de transition
prévue jusqu'à la fin de 2005.
Quel est l'impact concret du CMMI dans les organisations qui utilisent
déjà le SW-CMM ou qui s'y intéressent aujourd'hui?
Le CMMI a été publié en version 1.0 le 11 août 2000 et en
version 1.1 (version beaucoup plus stable, si on se fie à l'histoire du
SW-CMM) au début 2002. Les informations se trouvent sur les pages CMMI du
SEI. Le SEI a déjà confirmé qu'il maintiendrait le soutien complet
au SW-CMM version 1.1 pour une période de quelques années suite à la
publication du CMMI version 1.1; les formations de nouveaux Chefs
évaluateurs CBA IPI (basé sur le SW-CMM) sont terminées depuis fin 2003,
ce qui donne une période de 2 années additionnelles pour mener des
évaluations CBA IPI (le cycle de certification étant de 2 ans), donc on
parle de fin 2005 pour l’arrêt des CBA IPI. De plus, il est déjà acquis
que le passage de l'un à l'autre est assisté par des chemins de transition
proposés et soutenus par le SEI. En clair, si le SW-CMM 1.1 répond
aujourd'hui aux besoins d'une compagnie intéressée à l'utiliser pour
améliorer son processus logiciel, il n'y a pas lieu de retarder ou
d'arrêter son initiative. Il serait néanmoins prudent de se former au CMMI
et de définir sa stratégie de transition en fonction de ses besoins
d'affaire. Par ailleurs, il est préférable, si on ne fait que commencer
son entrée dans le monde de l'amélioration de processus, de le faire avec
le nouveau CMMI. Encore une fois, le conseil le plus important: ne pas
tarder! Vos compétiteurs sont déjà dans la course...
Qu'est-ce que le CMMI et le SW-CMM?
Le modèle d'évolution des capacités ("Capability Maturity
Model" en anglais) est un référentiel des pratiques clés que devrait
mettre en œuvre toute entité de développement ou de maintenance d'un
produit totalement ou partiellement logiciel. Dans le SW-CMM, on se
concentre sur les pratiques concernant le logiciel alors que dans le CMMI,
les pratiques concernent le logiciel et/ou le système. On peut imaginer
que ces modèles seraient le fruit d'une vaste consultation auprès des
projets ayant connu les plus grands succès qui recommanderaient à la
communauté d'ingénierie logiciel et système ce qu'il faut faire, en
documentant le tout dans un modèle, pour réaliser des projets avec succès
et pour s'améliorer de façon continue. Publié par le SEI, ils sont
largement utilisés dans la communauté logiciel et système pour évaluer la
maturité de processus des entreprises et organismes, pour développer des
plans d'amélioration ou comme référence pour la mise en œuvre de pratiques
plus matures. On peut dire que le CMMI et le SW-CMM sont devenus des
normes de facto.
Quelle reconnaissance le CMMI et le SW-CMM ont-ils au niveau
international?
Le modèle d'évolution des capacités SW-CMM a été diffusé
par le SEI en version 1.0 à compter de 1990. La version 1.1, plus stable,
fut publiée en 1993 et a connu un succès international rapide. Largement
utilisé dans plusieurs segments de l'industrie et des organismes publics,
il a inspiré de nombreux travaux d'application du modèle ou d'adaptation.
La version 2, dont la diffusion était prévue en 1998, a fait l'objet de
plusieurs publications préliminaires qui ont circulé dans les cercles de
révision. Le projet d'intégration des modèles développés par le SEI a
récupéré la version 2 (non publiée) pour la relancer à travers le nouveau
schéma intégré appelé CMMI.
Il s'agit donc d'un outil largement répandu qui
connaît une évolution disciplinée à laquelle participe la communauté
internationale. Sans constituer une panacée ou une solution ultime, le
modèles SW-CMM (logiciel) et CMMI (logiciel et système) comptent sans nul
doute parmi les meilleurs référentiels existant sur les pratiques
recommandées pour développer ou maintenir des produits basés partiellement
ou totalement sur du logiciel. Les statistiques
du SEI font état de près de 2000 organisations ayant réalisé des
évaluations officielles et ce n'est là que la pointe de l'iceberg. En
effet, pour une organisation qui réalise une évaluation officielle
rapportée au SEI, il y a sans doute des dizaines d'autres organisations
qui utilisent les modèles correspondants sans faire d'évaluations
officielles et rapportées au SEI.
Le CMMI et le SW-CMM s'utilisent-ils (comme référentiel) en dehors
d'une démarche d'évaluation formelle de type SCAMPI ou CBA IPI?
Bien sûr ! Le CMMI ou le SW-CMM peuvent certainement
constituer des références de choix pour toute personne qui cherche de
bonnes idées pour améliorer ses façons de travailler ou pour réfléchir sur
des solutions de remplacement aux pratiques courantes qui souffriraient de
certaines lacunes. On peut y trouver des exemples, des pistes
d'amélioration, des idées pour confronter ses intuitions, etc. Certaines
organisations ont développé des méthodes d'évaluation, autres que SCAMPI
ou CBA IPI, et utilisent le CMMI ou le SW-CMM comme référence en
amélioration continue de processus.
Le CMMI et le SW-CMM ne s'appliquent-ils qu'au domaine du logiciel?
Qu'au développement et à la maintenance?
Le CMM original s'appelle en fait SW-CMM (pour "Software
SW-CMM"). Dès lors, on comprend qu'il s'applique en effet au domaine du
logiciel, que ce soit en développement ou en maintenance. Rappelons que
les méthodes (ou méthodologies) et les technologies (logiciel ou
équipements) spécifiques utilisés dans une entreprise ou un organisme ne
limitent pas l'utilisation du SW-CMM puisque les pratiques sont formulées
d'une façon suffisamment générique. Bien que celles-ci demeurent
libellées pour couvrir le domaine du logiciel, certains en extrapolent
leur application (et cela peut se justifier) à d'autres domaines (parfois
éloignés du domaine logiciel). Ceci ne doit cependant pas faire oublier
que la vocation établie par le SEI pour les pratiques décrites dans le
modèle SW-CMM couvre le développement et la maintenance de logiciel.
Par ailleurs, le SEI a élaboré une famille de modèles pour différents
domaines connexes au logiciel en s'appuyant sur l'architecture de son
premier modèle : le SW-CMM. Ainsi on retrouve, en plus duSW-CMM
(autrefois désigné par CMM tout court), le SE-CMM
(pour "Systems Engineering" SW-CMM, couvrant les pratiques d'ingénierie de
système et qui sera intégré dans le CMMI), le P-CMM (pour
"Personal" SW-CMM, couvrant les pratiques de gestion de personnel), le SA-CMM
(pour "Software Acquisition" CMM, couvrant les pratiques d'acquisition de
progiciel), etc. pour lesquels le SEI agit comme maître d'œuvre de
l'évolution ou comme participant clé. Tous ces modèles ont l'avantage de
partager la même architecture, facilitant leur utilisation commune une
fois qu'on a adopté un des modèles de la famille. C'est un peu comme les
applications de Microsoft Office qui partagent une interface commune et un
grand nombre de caractéristiques de base. Tous ces modèles ont
l'avantage de partager la même architecture, facilitant leur utilisation
commune une fois qu'on a adopté un des modèles de la famille. C'est un peu
comme les applications de Microsoft Office qui partagent une interface
commune et un grand nombre de caractéristiques de base. Mais il importe
de souligner à nouveau que depuis que le SEI a publié les résultats de son
projet d'intégration (CMMI), le résultat (le modèle CMMI lui-même)
s'applique à un domaine plus vaste (tout le champ "système") que le
SW-CMM, tout en n'intégrant pas, pour l'instant des pratiques de gestion
de RH comme on en trouve dans le P-CMM. Le paradigme de base du modèle
CMMI demeure la notion de PROJET (date de début, date de fin cible,
budget, équipe dirigée par un chef, client, etc.). Ainsi, tout PROJET
visant la livraison d'une solution basée partiellement sur le logiciel est
bien couvert par le CMMI. Si on pense à la maintenance évolutive, on peut
en général appliquer tout à fait cette notion de projet; donc le CMNMI
s'applique très bien à ce type de maintenance. Cependant, pour la "petite
maintenance corrective" faite, la plupart du temps, de petites
corrections, en urgence, le concept de projet est en général plus
difficile à appliquer puisqu'on conceptualisera plutôt cette démarche
comme une ACTIVITÉ continue. Il devient alors nécessaire de fortement
adapter les pratiques du CMMI pour l'appliquer à une telle démarche.
Est-on restreint dans l'usage du CMMI ou du SW-CMM quand on applique
une certaine méthode, une certaine technologie ou un certain outil de
développement (ou de maintenance)?
Non : le CMMI et le SW-CMM sont génériques dans le libellé
des pratiques. Ils sont indépendants de toute méthode (ou méthodologie)
et de tout environnement technologique (matériel ou logiciel).
Le CMMI ou le SW-CMM sont-ils des préalables obligatoires à la mise en
oeuvre d'un programme d'amélioration de processus?
Bien sûr que non. Le CMMI ou le SW-CMM ne sont pas des
panacées: bien que fort bien faits et répandus, ce sont des modèles
incomplets et perfectibles. Ils représentent des référentiels dont la
robustesse et l'utilité ont été vérifiées dans des centaines de compagnies
à travers le monde. Utiliser de tels modèles comme référentiels pour ses
investissements en matière d'amélioration de processus constitue
certainement un bon moyen de minimiser ses risques et de maximiser ses
bénéfices.
Où peut-on se procurer le CMMI ou le SW-CMM?
Le CMMI a été publié sous forme de livre à couverture
rigide que la plupart des utilisateurs préfèrent à cause de son format
plus pratique lors de déplacements. On trouve ce livre en librairie : "The
CMMI : Guidelines for Process Integration and Product Improvement";
Carnegie Mellon University / Software Engineering Institute; SEI series in
software engineering; Addison-Wesley Publishing Company, Inc.; 2003; ISBN
0-321-15496-7.
Comment se positionnent le CMMI et le SW-CMM par rapport a ISO/CEI
15504, suite au projet SPICE?
Un groupe de travail de ISO/CEI (Organisation
internationale de normalisation / Commission électrotechnique
internationale) a été mis sur pied pour tenter de normaliser un modèle de
pratiques de développement et de maintenance du logiciel ainsi qu'une
méthode d'évaluation. Ce groupe visait à ce que la norme résultante
atteigne une acceptation internationale de ces deux composants. Ce fut le
projet SPICE ("Software Process Improvement and Capability
dEtermination"), qui a par la suite, cédé le pas à un groupe de travail
régulier de ISO/CEI, qui a poursuivi les travaux. Objectif ambitieux
qui a progressé jusqu'à la production non pas d'UN modèle et d'UNE
méthode, mais bien d'un ensemble d'exigences pour DES modèles et DES
méthodes qui seraient jugés conformes à la norme ISO/CEI. Ce changement de
cap par rapport à l'objectif initial (UN modèle et UNE méthode), sans
doute inévitable, présente l'avantage de faciliter le consensus
international et de stimuler le développement de solutions qui s'adaptent
à différents besoins tout en partageant un ensemble de règles
communes. Le SEI fut un intervenant important du projet SPICE, sans
doute pour influencer les exigences de la norme afin que son modèle (CMMI)
et sa méthode (SCAMPI) soient faciles à rendre conformes à la future norme
ISO. Comme le modèle SW-CMM et la méthode CBA IPI de leur côté ne feront
plus l'objet d'évolution de la part du SEI , le SEI ne reflétera pas les
exigences ISO15504 dans ceux-ci, se concentrant plutôt sur leurs
équivalents plus récents et destinés à les remplacer: CMMI et
SCAMPI. L'organisme ISO/CEI n'a pas encore fait franchir toutes les
étapes d'approbation de la norme maintenant référencée ISO/CEI 15504. On
peut trouver des informations détaillées sur ISO/CEI15504 et le projet SPICE
sur le site officiel.
Est-ce possible d'avoir un aperçu du CMMI?
On peut, bien sûr, assister à une brève présentation
(Alcyonix peut offrir de telles présentations). On peut aussi, évidemment,
lire le modèle, lui-même. Le modèle CMMI disponible sur le site du SEI se
présente en un seul volume que l’on sélectionne selon la représentation
étagée ("staged") ou continue ("continuous") et selon plusieurs
regroupements possibles de disciplines.
Existe-t-il plusieurs cours reconnus sur le CMMI ou le SW-CMM? Quelle
importance doit-on accorder au statut "officiel" des cours "Introduction
au SW-CMM" et "Introduction au CMMI" du SEI?
Rien n'empêche quiconque d'offrir des cours sur le CMMI ou
le SW-CMM puisque ces modèles sont du domaine public. Le SEI a développé
des cours de 3 jours sur chacun de ces modèles qu'il offre directement ou
via un réseau de partenaires autorisés (par exemple :
Alcyonix).
Bien sûr, le SEI reconnaît officiellement la valeur de ses propres cours
donnés par ses propres consultants ou par ses partenaires autorisés (comme
Alcyonix). Il va même exiger des aspirants à l'accréditation officielle
de chef évaluateur qu'ils aient suivi CE cours. Cependant, pour les
membres d'équipe d'évaluation, le SEI requiert des chefs accrédités qu'ils
vérifient la bonne connaissance du SW-CMM ou du CMMI de la part de chaque
membre de leur équipe. Pour la méthode CBA IPI seulement, le chef
évaluateur peut décider d'exiger le cours SEI ou peut en accepter un
autre, dans la mesure où les exigences d'équivalence définies par le SEI
sont rencontrées. Avec la méthode SCAMPI le chef évaluateur doit s'assurer
que chaque membre d'équipe a suivi le cours officiel "Introduction au
CMMI".
Si je veux suivre un cours officiellement reconnu par le SEI sur le
CMMI ou le SW-CMM, où dois-je m'adresser?
Plusieurs sources sont possibles : il s'agit de trouver la
plus pratique (localisation, langue, calendrier) au meilleur
coût. Alcyonix est un partenaire de transition du SEI qui offre des
cours
officiels en anglais ou en français, partout dans le monde.
On peut aussi contacter directement le SEI qui offre ces
cours en anglais dans ses locaux ou, à l'occasion, dans différentes
villes.
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